L’invité du mois: Interview exclusive de Margot Montpezat – « Journal d’une intolérante alimentaire »

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08
Feb

Ce mois ci, l’équipe de GlutenTrip est partie à la rencontre de Margot Montpezat, auteur du livre « le Journal d’une intolérante », découvrez son interview exclusive. Longtemps épuisée et après un long parcours du combattant où beaucoup se reconnaitront, le verdict tombe. Pas du tout malade imaginaire comme pouvait s’interroger certains professionnels mais intolérante à certains aliments ! Une seule solution : l’éviction totale des aliments qui lui font mal au ventre !  Margot nous raconte ses tribulations qui lui ont permis de mettre des mots sur ses maux de ventres mais encore sans traitement à ce jour.

  • Comment avez-vous détecté votre intolérance, quels ont été vos symptômes ?

Les médecins ont assez vite diagnostiqué une intolérance au lactose lorsque j’étais petite. Je ne digérais pas grand-chose et j’avais des maux de ventre qui me clouaient au lit. Malgré l’éviction de tous les produits laitiers, les symptômes – grande fatigue, transit en vrac, maux de ventre, douleurs articulaires et musculaires parmi d’autres symptômes –  ont perduré.

J’ai passé une bonne vingtaine d’année à enchaîner les rendez-vous médicaux et à tenter des choses sans résultat, jusqu’à ce que j’exclus le gluten et les œufs de mon alimentation sur les conseils d’une nutritionniste.

  • Quels examens avez-vous suivi et quels experts avez-vous vu ?

J’ai fait les tests de la maladie cœliaque qui se sont avérés négatifs et je suis encore suivie par des gastroentérologues. J’ai également fait les tests d’intolérance aux IgG qui ne font pas consensus au sein du corps médical. Le meilleur test, recommandé par les médecins pour l’instant puisque c’est le seul qui soit concluant pour les hypersensibles au gluten, reste d’éliminer le gluten pendant un temps donné et de voir ce qui se passe. Dans mon cas, les résultats positifs sur mon état de santé ont été spectaculaires. On ignore encore beaucoup de chose sur l’hypersensibilité au gluten mais les recherches avancent et les consciences évoluent : les spécialistes que j’ai interviewé dans mon livre m’ont confirmé changer leur discours sur la question grâce aux retours de leurs patients qui disent revivre en éliminant le gluten de leur alimentation. J’ai également vu une psychologue des comportements alimentaires pour vérifier que mon alimentation était équilibrée et que ma démarche ne risquait pas d’enclencher chez moi un trouble du comportement alimentaire. Elle m’a rassurée. J’ai un rapport bien plus sain à la nourriture maintenant que je n’ai plus mal au ventre. J’ai arrêté de me gaver de façon compulsive pour compenser un manque et j’ai enfin découvert le plaisir de manger sans être malade.

  • Quelles solutions ou aides vous ont-ils apporté ?

Grâce aux examens médicaux qu’ils m’ont fait passer nous avons écarté toute maladie grave. Mais comme je continuais à être malade, j’ai dû faire face à beaucoup de scepticisme et de remarques désobligeantes (vous somatisez, c’est dans la tête, vous êtes stressée, tout le monde souffre un peu dans la vie, c’est normal). Je me suis sentie très seule. C’est vraiment la rencontre avec une nutritionniste qui a pris le temps de m’écouter qui a changé ma vie. Elle a  simplement fait le lien entre ce que je mangeais et l’état dans lequel j’étais, lien qu’encore trop peu de spécialistes font, malheureusement.

  • En suivant un régime sans gluten, vous sentez-vous mieux ?

Grâce à ce régime sans gluten, je me sens mieux à tous les niveaux –  physiquement bien sûr, mais aussi psychologiquement. Le ventre est vraiment notre deuxième cerveau. L’état de nos intestins influence énormément notre comportement, notre bien-être… Mes douleurs chroniques aux intestins pesaient énormément sur mon moral et ça a été difficile pour moi de ne pas me renfermer sur ma douleur.

Aujourd’hui, je m’observe. Je sais ce qui me rend malade et pourquoi. Il m’arrive encore d’être malade lorsque je mange quelque chose que je ne digère pas parce que j’ai les intestins fragiles, mais c’est ponctuel et sans aucune mesure avec le temps où mes maux de ventre prenaient toute la place et me gâchaient la vie.

  • Chez des amis ou en voyage, quelles sont vos recommandations pour un meilleur quotidien ?

Il est très facile de voyager lorsque l’on a des intolérances alimentaires, il faut juste s’organiser un peu. Je me renseigne sur les restaurants et autres « gluten free friendly »,  je découvre souvent avant de partir les plats traditionnels afin de savoir ce que je peux manger ou pas sans risque, j’apprends quelques phrases dans la langue du pays d’accueil pour me faire comprendre, au cas où. Et je prévois.

Par exemple, quand je suis partie en Inde, j’ai emporté avec moi deux kilos de pâte de fruits et des cracottes sans gluten et je peux vous dire que j’ai bien fait ! (sourire) En rendant visite à ma sœur qui vit au Brésil, j’ai été étonnée de voir qu’il mettait une indication « sans gluten » même sur les bouteilles d’eaux, les sachets de thé. Les aliments qui composent les plats dans les restaurants sont très souvent indiqués… ils sont beaucoup plus en avance que nous sur la question ! J’aime aussi beaucoup voyager aux Etats-Unis où la plupart des restaurants proposent des options « sans ».  Je n’ai jamais l’impression d’embêter qui que ce soit avec mes problèmes, ce sont même les serveurs qui posent la question de mes intolérances avant de prendre la commande. Autant vous dire que je les adore ! Il m’arrive encore de choisir ma destination en fonction de la culture culinaire du pays. Je raffole de la nourriture asiatique qui contient très peu de gluten et de produits laitiers, donc les pays asiatiques sont des destinations de choix pour moi.

Lorsque je mange chez des amis, on se met toujours d’accord sur le menu avant. Passé l’appréhension, c’est souvent une réelle surprise pour eux de découvrir que manger sans gluten, sans lactose et sans œufs c’est finalement très simple. Ils mangent souvent « sans » sans le savoir par exemple !

En fait, manger sans gluten c’est revenir à une alimentation avec de « vrais aliments » puisqu’il y a du gluten dans 70% des produits transformés. Et des « vrais aliments » il y’en a énormément qui ne me rendent pas malade.

  • Quelles sont vos adresses favorites sans gluten ?

A Paris, j’ai la chance d’avoir de plus en plus le choix.

Je déjeune très souvent d’un plat ou d’un sandwich à emporter chez Wild and the Moon. C’est toujours très bon, les plats sont copieux, leurs associations de saveurs sont bluffantes et ça reste accessible. Le brunch de My Free Kitchen est un vrai régal avec l’assurance de ne pas mourir de faim en sortant. J’adorais les pizza sans gluten et sans lactose de Eat Gluten Free mais j’ai découvert avec effroi que le pizzaiolo avait démissionné… je ne m’en remets pas et j’attends de pieds ferme la réouverture !

Pour un événement, un dîner chez des amis ou une envie de sucré tout simplement, je cours acheter un cheesecake vegan (donc sans produits laitiers ni œufs) et sans gluten de Vegan Folie’s. C’est léger, pas trop sucré, très gourmand, ça plaît à tout le monde et ils sont trop sympas !

C’est nouveau ! Vous pouvez réserver directement une table via la plateforme GlutenTrip !

  • Quels sont vos propres tips qui vous ont aidé à mieux supporter les intolerances ? (Sport, hypnose, probiotiques….) 

Bien choisir son amoureux haha

Plus sérieusement, je dirais : varier mon alimentation, manger tout ce qui me fait plaisir et manger bio le plus possible

Pour commander son livre, c’est ici 

Mon combat,
contre l'intolérence au Gluten

Fondatrice du site, je suis intolérante au gluten depuis 7 ans. N'hésitez pas à me solliciter pour tout conseil.

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4 commentaires

  1. Valente marie-thérèse

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    • annesophiev

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  2. Roland Gjerde

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    • annesophiev

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